Ressources
Cette page met à disposition des outils, pour aider les étudiant·es en journalisme mais aussi les personnes dans le milieu professionnel, à identifier, prévenir et combattre le cybersexisme.
Comprendre le cybersexisme
Comprendre le cybersexisme est essentiel dans le journalisme car il menace la liberté d’expression, expose les femmes journalistes à des violences en ligne, et peut entraîner de l’autocensure et des inégalités dans l’accès à la parole médiatique.
Le cybersexisme est une forme de sexisme qui se déploie dans les espaces numériques. Il s’inscrit dans des rapports de pouvoir inégalitaires et cherche à rabaisser, exclure ou contrôler les femmes en raison de leur genre.
Femmes jounalistes ont subi des violences en ligne dans le cadre de leur travail.
Pourquoi les journalistes sont visées ?
Les journalistes sont visées dans le but de décrédibiliser leur travail, de réduire leur participation au débat public et de les pousser au silence, voire à l’autocensure.
Langagières
Exemples : Mépris ou infantilisation, Commentaires misogynes
Sexuelles numériques
Exemples : Cyberflashing, revenge porn, deepfakes
Psychologiques
Exemples : Acharnement en meute, humiliation, gaslighting
Réputationnelles et identitaires
Exemples : Faux profils, rumeurs, détournement de propos
D'exclusion / Silenciation
Exemples : Signalements abusifs, shadowbanning, autocensure
Physiques par extension numérique
Exemples : Doxxing, swatting
Économiques et professionnelles
Exemples : Boycotts, perte de contrats, censure anticipée
Algorithmiques / Structurelles
Exemples : Non-prise en charge, biais algorithmiques
Institutionnalisées
Exemple : Absence de soutien des rédactions
Intériorisées / Auto-censure
Exemples : Départ des réseaux, retrait de la parole publique
En quoi le cybersexisme fait partie d’un continuum de violences ?
Le cybersexisme s’inscrit dans un continuum de violences sexistes, allant de la remarque à l’agression, en faisant d’Internet un terrain d’intimidation et en renforçant les inégalités de genre déjà présentes dans notre société.
L’éducation joue un rôle essentiel dans la lutte contre le cybersexisme : former et sensibiliser, c’est déjà agir, en apprenant aux futur·e·s journalistes à identifier, comprendre, documenter et réagir face à ces violences, tout en leur donnant des outils pour se défendre et soutenir les autres.
Harcèlement en ligne
Attaques répétées envers une personne sur internet : messages hostiles, moqueries, insultes, menaces ou rumeurs.
Doxxing
Publication d’informations personnelles sans consentement, souvent pour intimider ou exposer.
Porno-divulgation (ou revenge porn)
Diffusion d’images ou vidéos intimes sans l’accord de la personne concernée, souvent dans un but de vengeance ou d’humiliation.
Slutshaming
Discréditer une personne (souvent une femme) à cause de sa tenue, son comportement ou sa sexualité.
Trolling sexiste
Propos sexistes envoyés volontairement pour provoquer, humilier ou faire taire une personne dans les espaces numériques.
Deepfake pornographique
Images ou vidéos truquées où le visage d’une personne est placé sur un corps nu sans consentement, via des outils d’IA.
Catfishing
Créer une fausse identité en ligne pour tromper une personne.
Gaslighting numérique
Faire douter quelqu’un de sa mémoire ou perception via des manipulations en ligne (ex : nier des messages envoyés).
Sextorsion
Chantage basé sur des contenus intimes : menace de diffusion d’images si la victime ne cède pas à certaines demandes.
Raids numériques
Attaques coordonnées de groupes contre une personne ou une communauté : harcèlement massif, menaces ou signalements.
Se protéger
Il est important de se protéger du cybersexisme pour préserver sa santé mentale, sa dignité et sa sécurité, mais aussi pour pouvoir s’exprimer librement en ligne sans peur ni pression. Se protéger, c’est aussi affirmer son droit au respect et refuser la banalisation des violences sexistes dans les espaces numériques.
Comment sécuriser mes comptes et mes appareils ?
12 caractères mélangeant chiffres, lettres, minuscules, majuscules et symboles et en avoir un différent pour chaque compte.
Installe un antivirus. Il en existe des gratuits comme Avast, Windows Defender et Avira, mais aussi des payants comme BitDefender, TrendMicro et Kaspersky.
Évite d’utiliser tes réseaux sociaux lorsque tu crées un compte pour t’inscrire sur un site web ou une application.
Utilise un VPN fiable. Seuls les payants ne garderont aucune informations sur toi. Proton VPN, NordVPN ou Private Internet Access sont de bons exemples.
Ne choisisis pas des questions de sécurité dont les réponses peuvent se trouver en ligne (le nom de ton chat par exemple)
Quand tu quittes ton ordinateur, ta tablette ou ton téléphone, verouille-les toujours. N’importe qui de mal intentionné pourrait y accéder.
Comment limiter ce que les autres peuvent voir ou savoir sur moi en ligne ?
Modifie les paramètres de confidentialité souvent réglés par défaut. Empêche les gens qui ne sont pas dans tes contacts de voir tes informations personnelles, tes posts et ta liste d’amis. Tu peux aussi faire en sorte de ne pas apparaître dans les résultats Google.
Si tu souhaites devenir une personnalité publique, pense à bien séparer ton compte pro (public ou privé) de ton compte personnel (privé et restreint à tes vrai·es ami·es). Il est essentiel de ne pas utiliser le même mot de passe pour les différents comptes.
Tape ton nom et vérifie les infos accessibles. Tu peux demander à supprimer certaines données via Google.
Désactive ta géolocalisation. Ne géolocalise pas tes photos ou tes publications. Si tu souhaites partager un lieu, tâche de le faire une fois parti·e. Refuse les identifications de tes ami·es si les publications sont géolocalisées.
Crée des boîtes mail distinctes pour chaque usage (pro, perso, applis). Ne remplis que les champs obligatoires. Tu peux aussi utiliser des adresses jetables (comme Temp-Mail ou 10minemail) pour t’inscrire sur certains sites.
Ne publie aucune donnée identifiable (adresse, lieu précis, CV complet…). Sur LinkedIn, tu peux aussi choisir ce qui est visible en dehors de ton réseau.
Comment garder le contrôle sur mon identité en ligne ?
Sur les réseaux, tu n’es pas obligée de montrer ton vrai nom. Tu peux utiliser un pseudonyme.
Crée une liste d’amis proches pour limiter les personnes ayant accès à tes stories ou publications. Limite la aux personnes avec qui tu es vraiment ami·es.
La plupart des plateformes permettent de bloquer des contenus en filtrant certains mots-clés. Tu peux donc te protéger en amont en filtrant les contenus qui contiennent certains mots-clés qui pourraient t’affecter (comme “salope” par exemple).
Comment savoir si des informations personnelles circulent sur moi sans mon accord ?
Fais un check régulier de ton identité numérique : cherche ton nom sur Google, les réseaux sociaux, LinkedIn, Facebook etc.
Ne partage pas sur Internet ton CV complet avec des informations sensibles comme ton adresse, ton email ou ton numéro de téléphone qui pourraient être utilisées contre toi. Si tu veux voir si ton CV circule en PDF, cherche dans Google : "Prénom Nom" filetype:pdf . Au besoin, modifie les informations personnelles.
Utilise le site haveibeenpwned.com pour vérifier si tes identifiants ont fuité et l’origine de la fuite.
Les photos que tu publies contiennent souvent des métadonnées. Ce sont des infos cachées comme la date, l’heure et les coordonnées GPS de l’endroit où elles ont été prises. Pour les retirer, cherche « supprimer les métadonnées des photos » sur Google, il existe plein de tutos.
Fais attention aux indices visuels présents sur tes photos (vue d’un appartement, un établissement etc.) qui peuvent révéler ton lieu de vie.
Contrôle qui peut te taguer sur les photos et ce qui apparait automatiquement sur ton mur Facebook.
Que faire pour éviter d’être ciblée ou retrouvée par des harceleurs ?
Les harceleurs exploitent souvent des détails anodins pour te retrouver : tag d’un ami, photo de concert, discussions publiques…
Tu peux te rendre plus difficile à traquer en évitant de taguer des personnes ou en ne mentionnant pas les lieux dans lesquels tu as l’habitude d’aller.
Tu peux bloquer ou signaler toute personne dont le comportement te dérange.
: tu as le droit de ne pas répondre, ne pas exposer ta vie et de protéger ton espace numérique
Quels gestes simples pour faire le ménage dans ma vie numérique ?
Déréférences tes informations par Google : Tu peux demander à Google de ne plus faire apparaître certaines infos te concernant dans les résultats de recherche : Il suffit de taper « supprimer informations personnelles Google » pour suivre la démarche. C’est une obligation légale, tous les moteurs de recherche doivent le proposer.
Supprime ou archive tes anciennes photos et données pro/perso.
Restreins l’accès à tes publications via les paramètres de confidentialité.
Se défendre
Se défendre contre le cybersexisme dans le milieu journalistique est important pour garantir un environnement de travail sûr, préserver l’intégrité du débat public et permettre à toutes de s’exprimer librement sans subir de violences ou de discriminations en ligne.
Comment récolter les preuves ?
le plus vite possible, avant que les harceleurs ou la plateforme n’effacent les preuves.
des captures d’écran, des enregistrement de messages vocaux et de vidéos, des sauvegardes d’articles en PDF.
à immédiatement bloquer les auteurs de cyberharcèlement.
à une personne de confiance de surveiller les comptes à ta place si tu préfères bloquer les harceleurs directement.
Comment signaler les contenus ?
Le site français www.service-public.fr peut t’aider à identifier les cas de cyberharcèlement, à les signaler et à supprimer les contenus illicites. Les ressources se retrouvent sur https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F32239
Chaque plateforme à une page internet « safety » qui est utile pour savoir comment paramétrer ton compte et comment agir en cas de hack.
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Facebook
facebook.com/safety - ➜
Twitter
about.twitter.com/safety - ➜
Instagram
about.instagram.com/safety - ➜
Snapchat
snapchat.com/safety
Comment porter plainte ?
Porter plainte n’est pas une obligation. Tu es libre de décider ce qui te semble juste et faisable, tout en pensant à protéger ta sécurité et ta santé mentale.
Si ton choix est de porter plainte, et si c’est possible, il est important que tu te fasses accompagner techniquement (pour la création du dossier) et émotionnellement.
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Chayn : chayn.co
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UNIA : signalement.unia.be
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IEFH : igvm-iefh.belgium.be
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StopFisha : stopfisha.org
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